Il n’existe aucun montant minimum officiel pour obtenir un visa E-2. Ni 50 000 dollars, ni 100 000 dollars, ni aucune autre somme ne garantit l’approbation du dossier.
L’administration américaine regarde le montant par rapport au coût réel de l’entreprise. Elle vérifie aussi que l’argent est engagé, exposé à un risque commercial et suffisant pour lancer une activité crédible. C’est ce que le Department of State appelle un investissement substantiel.
Cette réponse est moins confortable qu’un chiffre tout fait. Elle est aussi plus utile. Un budget de 60 000 dollars peut couvrir presque tout le lancement d’une entreprise de services et rester dérisoire pour ouvrir un restaurant. Présenter les deux dossiers de la même manière n’aurait aucun sens.
Pour replacer ce critère dans l’ensemble du dossier, commencez par le guide du visa E-2 pour les entrepreneurs français. Le montant ne constitue qu’une partie de l’analyse. La nationalité, la réalité de l’entreprise, l’origine des fonds, le contrôle du projet et son caractère non marginal comptent également.
Information juridique
Cet article présente des règles générales à partir des sources officielles américaines consultées et vérifiées le 30 juillet 2026. Il ne prédit pas l’issue d’un dossier et ne remplace pas l’analyse d’un avocat en immigration connaissant votre projet.
Le montant du visa E-2 en bref
| Question | Réponse |
|---|---|
| Existe-t-il un minimum légal ? | Non. Le Department of State ne fixe aucun montant minimum en dollars |
| Comment le montant est-il évalué ? | Par rapport au coût réel de création ou d’acquisition de l’entreprise |
| Faut-il avoir dépensé tout l’argent ? | Les fonds doivent être investis ou irrévocablement engagés, pas simplement prévus |
| L’argent sur le compte de la société suffit-il ? | Non, un solde bancaire non engagé ne suffit généralement pas |
| Un prêt peut-il compter ? | Certains prêts personnels peuvent compter. Un prêt garanti par les actifs de l’entreprise ne compte généralement pas |
| Un escrow peut-il compter ? | Oui, si les fonds sont réellement engagés et libérés lorsque la condition liée au visa est remplie |
| Un faible montant peut-il suffire ? | C’est possible pour une activité peu coûteuse, mais une forte part du coût total devra généralement être engagée |
Quel est l’investissement minimum pour un visa E-2 ?
Aucun texte officiel ne fixe de plancher en dollars pour le visa E-2. La version du Foreign Affairs Manual mise à jour le 17 février 2026 le dit explicitement : aucun chiffre prédéfini ne constitue le montant minimum d’un investissement substantiel.
Le montant doit répondre à trois questions :
- représente-t-il une part suffisante du coût total de l’entreprise ?
- montre-t-il un engagement financier réel de l’investisseur ?
- donne-t-il au projet des moyens crédibles pour fonctionner ?
Un montant élevé ne compense pas un projet incohérent. À l’inverse, un projet peu coûteux n’est pas automatiquement disqualifié. Le Foreign Affairs Manual, section 9 FAM 402.9-6(D) précise même que le coût relativement faible d’une activité de services n’empêche pas, à lui seul, l’obtention du statut E-2 lorsque les autres critères sont satisfaits.
Il faut partir d’un calcul plus concret : combien coûte réellement le projet, et quelle part est déjà engagée ?
Comment fonctionne le test de proportionnalité ?
Le test de proportionnalité compare les fonds qualifiants déjà investis au coût réel de l’entreprise. Plus l’activité coûte peu à lancer, plus la part engagée doit généralement être élevée. Pour un projet très coûteux, une proportion plus faible peut rester substantielle en raison du montant engagé.
Le calcul de départ est simple :
fonds qualifiants investis ou engagés ÷ coût total de l'entreprise × 100
Le résultat ne donne pas un taux d’approbation. Il permet de comprendre comment le montant sera lu.
Comment déterminer le coût total de l’entreprise ?
Pour une création, le coût total correspond au budget nécessaire pour rendre l’entreprise réelle et proche du démarrage : équipement, stock, local, licences, assurances, marketing de lancement et fonds de roulement documentés. Une simple estimation ronde ne suffit pas. Les devis, contrats, études de marché et données professionnelles servent à justifier chaque ligne.
Pour une acquisition, le prix d’achat constitue le point de départ. Une valorisation, les comptes de la société et les modalités de la transaction permettent de vérifier que ce prix correspond à une entreprise réelle.
Le Department of State cite notamment les estimations de chambres de commerce, les statistiques professionnelles et les études de marché pour documenter le coût d’une nouvelle entreprise. Pour une entreprise existante, il mentionne le prix d’achat, l’évaluation fiscale et l’expertise de marché.
Les deux exemples donnés par le Department of State
Le Foreign Affairs Manual utilise deux situations très éloignées pour expliquer son échelle inversée :
- investir 100 % des 100 000 dollars nécessaires au lancement d’une entreprise serait normalement considéré comme substantiel ;
- investir 10 millions de dollars dans une entreprise qui en coûte 100 millions pourrait également être substantiel, malgré une proportion de 10 %, en raison de l’ampleur du montant engagé.
Ces exemples ne créent aucun seuil. Ils montrent pourquoi le même pourcentage ne s’applique pas à tous les projets.
Entre ces deux extrêmes, l’administration examine la nature de l’activité, son coût justifié et la capacité du capital engagé à permettre son lancement. Il n’existe pas de grille publique garantissant qu’un ratio donné sera accepté.
Quelles dépenses peuvent compter dans l’investissement E-2 ?
Une dépense peut contribuer à l’investissement lorsqu’elle sert réellement l’entreprise, qu’elle est documentée et que l’argent est exposé à une perte si le projet échoue. Le nom porté sur la facture et le trajet de l’argent doivent rester cohérents avec le dossier.
Les sources officielles citent notamment :
- l’achat d’équipement utilisé par l’entreprise ;
- le stock déjà acheté et disponible ;
- certaines dépenses d’aménagement ;
- les licences et permis professionnels ;
- les factures de publicité liées au lancement ;
- les loyers ou locations effectivement payés ;
- les fonds placés en escrow dans le cadre d’une acquisition ;
- les actifs incorporels dont la valeur peut être établie de manière crédible.
Les instructions du formulaire I-129 publiées par USCIS donnent des exemples de justificatifs : contrats d’association, documents de constitution, paiements de locaux ou d’équipement, licences, inventaires, factures publicitaires, comptes bancaires opérationnels et fonds en escrow.
Cette liste n’est pas une addition automatique. Une facture ne devient pas qualifiante simplement parce qu’elle apparaît dans un tableau. Elle doit correspondre au projet présenté et participer au fonctionnement réel de l’entreprise.
Le loyer et l’équipement loué
Le Foreign Affairs Manual limite le montant comptabilisé pour un loyer ou un équipement loué aux sommes réellement payées. Un mois de loyer payé peut être pris en compte. Une année complète peut l’être si elle a effectivement été réglée d’avance.
La valeur de marché d’une machine louée ne devient pas votre investissement. De la même façon, douze mois de loyers futurs ne comptent pas comme une dépense déjà engagée lorsque vous ne les avez pas payés.
Le stock et l’équipement apportés depuis la France
Des biens ou machines achetés puis transférés aux États-Unis peuvent faire partie de l’investissement. Il faut établir leur valeur et montrer qu’ils sont destinés à l’activité américaine.
Un ordinateur personnel ou un véhicule utilisé principalement par la famille ne change pas de nature parce qu’il apparaît dans le business plan. L’usage professionnel doit être réel et documentable.
Les logiciels, la propriété intellectuelle et les actifs incorporels
Un actif incorporel peut être pris en compte si sa valeur peut être déterminée raisonnablement. Le Foreign Affairs Manual mentionne les droits de propriété intellectuelle et accepte, selon les circonstances, des éléments comme les contrats générés par cet actif ou une évaluation professionnelle.
Attribuer soi-même une valeur élevée à une marque, un brevet ou une base de données ne suffit pas. Plus la valorisation pèse lourd dans le montant total, plus sa méthode devra être défendable.
Qu’est-ce qui ne compte généralement pas ?
Les fonds non engagés ne constituent pas un investissement E-2. Un virement sur le compte de la société prouve que l’argent existe, mais pas qu’il est exposé au risque commercial.
Les situations suivantes posent notamment problème :
- une somme qui reste disponible sur un compte sans affectation ni engagement précis ;
- des dépenses prévues dans le business plan mais sans contrat, facture ou paiement ;
- un prêt garanti par les actifs de l’entreprise E-2 ;
- la valeur totale d’un équipement simplement loué ;
- des loyers futurs qui n’ont pas été payés ;
- des biens destinés à l’usage personnel ;
- un placement passif ou spéculatif qui ne finance pas une entreprise réelle et active.
Le Department of State précise que la simple intention d’investir, la recherche d’un local ou des accords encore révocables ne suffisent pas. L’entreprise doit être proche du démarrage effectif de ses opérations.
Un fonds de roulement mérite une attention particulière. USCIS cite les comptes bancaires contenant les fonds nécessaires aux opérations courantes parmi les preuves possibles. Mais le Department of State écarte les fonds non engagés ou révocables. Le dossier doit donc expliquer à quoi sert cette trésorerie, sur quelle période et pourquoi elle est nécessaire au lancement. Un gros solde sans budget d’utilisation reste faible comme preuve.
Un prêt peut-il financer l’investissement ?
Un prêt peut contribuer à l’investissement E-2 lorsque le risque repose réellement sur l’investisseur. Le Foreign Affairs Manual distingue la garantie personnelle de la garantie portée par l’entreprise.
Un prêt non garanti ou garanti par les biens personnels du demandeur peut être pris en compte, selon sa structure. Par exemple, un financement garanti par un bien personnel expose l’investisseur à une perte si l’activité échoue.
À l’inverse, un prêt garanti par les actifs de l’entreprise ne compte généralement pas dans l’investissement. En cas d’échec, le risque porte d’abord sur l’entreprise elle-même. Ajouter quelques biens personnels à la garantie ne suffit pas forcément à corriger le problème lorsque les actifs de l’entreprise restent utilisés comme sûreté.
La provenance des fonds doit rester licite et traçable. Le Department of State admet notamment l’épargne, les donations, les héritages et certains prêts. Chaque mouvement doit pouvoir être suivi depuis sa source jusqu’à la dépense américaine.
Peut-on utiliser un escrow pour limiter le risque ?
Un escrow peut protéger une acquisition sans rendre l’investissement révocable. Le contrat prévoit alors que les fonds seront libérés lorsque la condition liée au visa sera remplie.
Le Foreign Affairs Manual reconnaît qu’un achat conditionné à la délivrance du visa peut rester un engagement réel lorsque les fonds ont été placés sous séquestre. L’investisseur a signé l’accord et ne peut plus reprendre librement l’argent. Si le visa est accordé, le transfert s’exécute.
Ce mécanisme ne transforme pas une simple promesse d’achat en investissement. Les fonds doivent déjà être sous le contrôle de l’agent d’escrow, et le contrat doit décrire précisément les conditions de libération ou de restitution.
La rédaction de cette clause peut avoir des conséquences importantes sur la transaction et le dossier d’immigration. Faites-la vérifier avant de signer ou de transférer les fonds.
Combien investir selon le type d’entreprise ?
Le type d’entreprise détermine le coût à justifier, pas un montant E-2 prédéfini. Une agence, un commerce, une franchise et un rachat ne partent pas du même budget.
Entreprise de services
Une agence, un cabinet de conseil ou une activité numérique peut coûter moins cher à lancer qu’un commerce physique. Cela ne signifie pas que quelques abonnements logiciels et un ordinateur suffiront.
Le budget peut inclure l’assurance, les licences nécessaires, le marketing, les prestataires, l’équipement et la trésorerie d’exploitation justifiée. Il doit correspondre à une entreprise prête à vendre et à délivrer ses services. Pour un projet à faible coût, une part importante du budget total devra généralement être engagée.
Commerce, restaurant ou activité avec un local
Ces projets supportent souvent des coûts de bail, de travaux, d’équipement, de stock et de permis. Le coût total est donc plus élevé et doit être documenté poste par poste.
Un montant qui couvre le matériel mais laisse le local inutilisable ne raconte pas un lancement crédible. Le budget doit permettre d’ouvrir l’entreprise, pas seulement d’acheter ses premiers actifs.
Franchise
Le coût d’une franchise ne se limite pas au droit d’entrée. Il peut comprendre l’aménagement, l’équipement, le stock, le dépôt ou le loyer payé d’avance et la trésorerie nécessaire avant l’équilibre.
Les documents du franchiseur donnent un cadre, mais le dossier doit rester adapté au territoire et au projet réel du franchisé. Une marque connue ne garantit pas le visa.
Rachat d’une entreprise existante
Pour un rachat, le prix d’acquisition et la valorisation de l’entreprise deviennent centraux. Les comptes, les actifs, les dettes et la continuité des opérations servent à montrer ce que vous achetez réellement.
Le recours à un escrow est fréquent dans ce contexte. Il peut rendre le prix d’achat irrévocablement engagé tout en protégeant la transaction si le visa est refusé.
Le prix d’achat ne suffit pas pour chiffrer une reprise. Vous pouvez comparer le budget d’une création et d’un rachat E-2, frais de transaction et trésorerie compris.
Comment calculer son budget avant de dépenser ?
Le bon budget E-2 relie chaque dollar à une dépense nécessaire, une preuve et une étape du lancement. Commencez avant la création de la société et avant les premiers virements.
Construisez un tableau avec les colonnes suivantes :
| Poste | Coût total | Déjà payé | Placé en escrow | Contractuellement engagé | Simplement prévu | Justificatif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Constitution et licences | ||||||
| Local et aménagement | ||||||
| Équipement | ||||||
| Stock | ||||||
| Assurance | ||||||
| Marketing de lancement | ||||||
| Prestataires et recrutement | ||||||
| Trésorerie opérationnelle justifiée |
Additionnez ensuite :
- le coût complet et documenté du projet ;
- les fonds déjà dépensés ou irrévocablement engagés ;
- la part qui reste au stade de l’intention.
Le ratio entre les deux premiers montants fournit votre point de départ pour le test de proportionnalité. Il faut ensuite vérifier que les dépenses suffisent à rendre l’entreprise opérationnelle et qu’elles correspondent aux hypothèses du business plan.
Une fois le budget posé, vérifiez qu’il tient dans le scénario commercial. Les dépenses, les ventes prévues, la trésorerie et les recrutements doivent raconter le même projet. Notre guide explique comment relier ces chiffres au business plan du visa E-2.
Les démarches de constitution doivent suivre la même logique. La checklist EIN, Registered Agent et Operating Agreement aide à organiser les premières étapes de la société américaine, mais leur ordre doit rester compatible avec la stratégie d’immigration et la situation fiscale.
Les erreurs qui fragilisent le calcul
Chercher à atteindre artificiellement 100 000 dollars
Dépenser davantage ne renforce pas automatiquement le dossier. Des achats inutiles ou déconnectés du business plan peuvent au contraire soulever des questions.
Le chiffre de 100 000 dollars apparaît dans l’exemple pédagogique du Foreign Affairs Manual parce qu’il correspond au coût total hypothétique d’une entreprise. Il ne s’agit pas d’un ticket d’entrée.
Confondre budget personnel et investissement dans l’entreprise
Le déménagement, le logement familial et les dépenses quotidiennes ne financent pas l’entreprise. Gardez un budget personnel séparé du tableau d’investissement E-2.
Cette séparation évite aussi de présenter comme disponible pour l’activité un argent dont votre famille aura besoin pour vivre.
Effectuer des virements impossibles à reconstituer
Une dépense peut être légitime et rester difficile à défendre si son origine se perd entre plusieurs comptes. Conservez les relevés, contrats, factures et preuves de change dès le premier transfert.
Évitez les circuits inutiles. Le dossier doit permettre de suivre l’argent sans reconstituer l’histoire à partir de captures d’écran prises plusieurs mois plus tard.
Dépenser avant d’avoir validé la structure du projet
Le choix de l’État, de la forme juridique, des associés et des contrats peut modifier le dossier. Engager les fonds trop tôt peut obliger à corriger une structure coûteuse ou incompatible.
Faites examiner la stratégie d’immigration, la fiscalité et les contrats avant les dépenses difficiles à récupérer.
Oublier la capacité réelle de l’entreprise à fonctionner
Un bon ratio ne suffit pas si le projet reste théorique. L’entreprise doit être réelle, active ou proche du démarrage, et avoir les moyens de dépasser la simple rémunération de l’investisseur et de sa famille.
Le montant, le business plan et les preuves opérationnelles doivent décrire la même entreprise.
Questions fréquentes sur le montant du visa E-2
Non. Aucun minimum de 100 000 dollars ne figure dans les règles du visa E-2. Cette somme apparaît dans un exemple officiel destiné à expliquer le test de proportionnalité, pas comme un seuil d’éligibilité.
C’est possible dans certains projets, mais ce montant ne garantit rien. Il faut le comparer au coût réel de l’entreprise, vérifier la part déjà engagée et démontrer que l’activité pourra fonctionner. Un avocat doit examiner le projet complet avant d’en tirer une conclusion.
Pas à lui seul. Les fonds non engagés ou librement récupérables ne sont généralement pas considérés comme un investissement. Une trésorerie opérationnelle peut servir de preuve si son utilisation est précisément budgétée et liée au démarrage de l’entreprise.
Ils peuvent participer au coût de mise en place lorsqu’ils sont directement liés au projet, mais leur traitement dépend des prestations et de la structure du dossier. Ne construisez pas le montant principal sur ces frais sans validation professionnelle.
Oui, certains prêts non garantis ou garantis par les biens personnels de l’investisseur peuvent compter. Un prêt garanti par les actifs de l’entreprise E-2 ne répond généralement pas au même test de risque.
L’achat passif d’un bien ou d’un terrain détenu dans l’espoir d’une appréciation ne constitue pas une entreprise réelle et active. Un projet immobilier opérationnel peut demander une analyse différente, mais la simple propriété du bien ne suffit pas.
Le montant n’est que le début du projet
Un budget E-2 bien construit permet de défendre l’investissement. Il ne remplace ni les clients, ni la trésorerie, ni l’adaptation au marché américain une fois le visa obtenu.
Le Starter Kit USA organise les démarches personnelles et professionnelles depuis la préparation en France jusqu’aux 24 premiers mois aux États-Unis. Il permet de voir ce qui arrive après le dépôt du dossier, au moment où l’entreprise doit réellement commencer à vendre.
French Circle réunit les Français qui préparent leur implantation ou viennent de lancer leur activité aux USA. Votre avocat analyse la stratégie d’immigration. La communauté vous aide sur les décisions de terrain, les usages américains et les premières dépenses après l’arrivée.